Pegasus

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Pégase, Pegasus en latin, est un cheval ailé de la mythologie grecque. Il est né du sang de Gorgone, la méduse décapitée par Persée, puis part au ciel aider Zeus pour transporter les éclairs et le tonnerre sur l’Olympe. Pour le remercier de ses loyaux services, Zeus le transforme en constellation.
Que dites-vous ? Nous ne sommes pas sur Beau Mythos, la newsletter de la mythologie ?
Nous voilà donc forcés d’accorder nos violons à une musique autrement plus triste et pénible.
Pegasus, le logiciel
Pegasus est un logiciel espion développé par la société Israélienne NSO. Ce logiciel infecte les téléphones portables et donne accès à toutes les données du téléphone.
Ce logiciel a infecté plusieurs téléphones de ministres Français (même un certain Manu le Malin ou Manu le Macron si vous connaissez ?).
Rassurez-vous, il s’agit de ministres dont vous ne connaissez pas le nom, à part le chorégraphe et star de TikTok, Blanquer, et potentiellement le président.
Le cabinet de la ministre du logement, Mme Wargon, intérrogé par l’AFP, a même déclaré (sans ironie):
“La ministre n’est pas dépositaire de secrets d’État donc on ne voit pas trop l’utilité de l’avoir écoutée”.
 
Il est difficile de savoir qui est le commanditaire de ces espionnages, le logiciel étant difficile a trouver et effaçant ses traces une fois l’infection réussie.
La société indique qu’elle ne fait que créer la technologie et la vendre sans s’en servir directement, l’objectif du logiciel était au départ de lutter contre la criminalité… avant de trouver un marché plus porteur apparemment.
L’impact et l’utilité du logiciel
Tout d’abord, pour la France il s’agit d’une intrusion par une société d’un pays allié. Les affaires d’espionnage sont sous le seuil de déclenchement de conflit (souvenons-nous des écoutes de la NSA et les réactions), mais peuvent créer de sérieuses tensions diplomatiques.
Le logiciel peut avoir une utilité de lutte contre la criminalité en infectant les mobiles de criminels, néanmoins la technologie peut-être aussi utile à des gouvernements pour surveiller sa population.
Au total 50 000 personnes auraient été visées incluant des journalistes (dont possiblement Kashoggi avant son meurtre), des chefs d’entreprise et des militants de droits humains ou écologiques.
On retrouve dans la liste des clients des pays aussi libéraux que la Hongrie ou le Maroc, au côté de l’Arabie Saoudite, le Togo, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan pour n’en citer que quelques-un.