Les sanctions sur la Russie

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Alors que les USA viennent d’imposer un embargo sur la Russie et que Mc Donald suspend ses opérations, revenons sur les différentes sanctions sur la Russie.
Petit écart: la suspension de McDonalds peut sembler anecdotique, l’ouverture de McDonalds à Moscou était un vrai événement il y a 30 ans. Le jour de l’ouverture 30 000 personnes s’était enfilé un Big Mac, la queue faisait plusieurs kilomètres il fallait attendre 2 à 3 heures pour être servi. C’était un tel événement que le président Eltsine était présent à l’ouverture du second restaurant.

 

Aujourd’hui la Russie est le pays le plus sanctionné au monde, avec 5 530 sanctions. L’Iran est deuxième, avec “seulement” 3 616 sanctions.

 

Imperméabiliser son économie

 

Si les sanctions peuvent être une surprise, ce ne l’est pas pour la Russie et ils travaillent depuis plusieurs années pour rendre son économie résistante aux sanctions.

 

Pour mettre en perspective les chiffres ci-dessous, le PIB russe en 2021 était de $1 700 milliards.

 

Pour se préparer aux sanctions, ils ont amassé:

 

Après l’invasion de la Crimée en 2014 et les sanctions qui ont suivi, ils ont:

  • développés leurs relations avec la Chine (vente d’énergie, d’armes, de minerai, la nouvelle route de la soie, l’Union Economic Eurasiatique, pipeline “power of Siberia”…).
  • développé le SPFS depuis 2014, système équivalant au SWIFT (d’une moindre ampleur).
  • augmenter sa production pour assurer son indépendance, une production doublée en 10ans sur les graminés.
  • réduction de dépendance sur les investissements étrangers, depuis 2014, les entreprises Russes empruntent et reçoivent toujours moins de financement étranger.

 

Malgré toutes ces préparations du Kremlin, l’économie russe devrait se contracter de 30% en 2022.

 

Pour préserver son économie et ses réserves de devises, la Russie veut rembourser ses dettes en roubles. Les russes ne peuvent plus échanger de devises (sauf vendre le rouble…) et les retraits sur les comptes de devises étrangères sont contrôlés et limités.

 

Impact sur le reste de l’économie

 

A cause du COVID, la supply chain a pris un énorme coup et l’inflation a été à un niveau inconnu depuis plusieurs dizaines d’années. Avec cette guerre la situation ne va pouvoir qu’empirer. Beaucoup d’économistes s’alarment sur les conséquences sur l’économie mondiale.

 

  • La Russie produit 11 millions de barils de pétrole par jour et exporte presque 5 millions. L’Europe importe 30% de son pétrole de Russie.
  • l’Europe est aussi dépendante très largement au gaz, avec 40% de ses importations étant russes.
  • Les sanctions impactent aussi largement sur les métaux avec le nickel, le palladium, aluminium, cobalt…
  • Le blé est aussi une victime de la guerre, le prix dépassant le prix record de $400 la tonne. L’Ukraine et la Russie représente presque 30% des exportations mondiales de blé, 60% de l’huile de tournesol,
  • L’Europe pourrait entrer en récession en 2022 au lieu d’une croissance prévu de 4.1%. En parallèle l’inflation ne va pas ralentir. La France perdrait $20 milliards en 2022.
  • Les premiers chiffres estiment que l’économie mondiale perdrait $400 milliards.

 

Par ailleurs, il y a très peu d’informations sur l’impact des sanctions sur l’économie russe, notamment car il n’y a peu de liberté d’expression et le Kremlin n’admettra jamais de souffrir de sa bêtise. Cependant, il est certain que la Russie et les russes vont souffrir longtemps des effets des sanctions.

Nous ne parlons également pas du pays victime, l’Ukraine, qui voit son pays détruit et ses populations déplacées. Espérons qu’à la fin de la guerre l’Ukraine recevra un soutien international pour soutenir la reconstruction.

 

Sinon, si vous avez quelques millions de côtés, il paraît que beaucoup de châteaux et yachts sont en ventes pour trois fois rien (paiement cash).