La situation des Ouighours

  • Reading time:7 mins read
  • Post category:Social
You are currently viewing La situation des Ouighours

Nous vous parlons enfin d’un sujet que nous avons toujours repoussé, nous commençons sur la situation des Ouighours avant de parler des entreprises.

Les Ouïghours

Il s’agit de la deuxième minorité musulmane en Chine. La première minorité étant les Huis.

Il y aurait 25 millions d’Ouïghours en Asie Centrale, dont 12 millions en Chine.

En Chine, les Ouïghours sont surtout dans la région du Xinjiang qui a 26 millions d’habitants.

 

Le Xinjiang

“Nouvelle frontière” en chinois, il s’agit d’une région agricole, cultivant notamment du coton (87% de la production nationale) et de la soie. La Chine est le plus gros exportateur de coton au monde.

La région a aussi beaucoup de ressources naturelles. Des minéraux comme le zinc, le tungstène, le chrome…

De plus, le Xinjiang a les plus importantes réserves du pays pour le gaz, le pétrole et le charbon.

 

Enfin la région est ancrée dans la nouvelle route de la soie.

 

La surveillance

La surveillance a commencé après les émeutes en 2009 (200 morts et 2 000 blessés) et de nombreux attentats.

Elle a fortement augmenté en 2016, quand Chen Quanguo quitte la gestion du Tibet pour la gestion du Xinjiang.

Parce que, oui, avant les Ouïghours, on parlait des tibétains…

La Chine, un pays répressif ? Vraiment ?

 

Les villes sont divisées en districts, chacun ayant son poste de police. La police contrôle régulièrement la population en scannant les téléphones, enregistrant les historiques et communications.

Les villes ont également beaucoup de caméras à reconnaissance faciale, permettant ainsi d’enregistrer les mouvements de la population.
Toutes ces données sont ensuite analysées par une intelligence artificielle, qui fait une liste de personnes suspectes.

Ca fait quand même un peu Big Brother / Black mirror tout cas.

 

La répression

Depuis 2017, il y aurait eu entre un et deux millions d’Ouïghours emprisonnés. Souvent sans procès, il s’agit de les reformater et les forcer à renoncer la religion.

La Chine explique simplement qu’il s’agit de camps de formation. Si Pôle Emploi utilisait les mêmes méthodes… la situation serait bien différente.

 

Les Xinjiang Papers, des documents de police hackés, ont révélé et confirmé les pratiques dans les camps. Certains documents expliquent, entre autres, qu’il faut “tirer pour tuer” si les “étudiants” veulent s’enfuir.

Imaginez le nombre de juristes que nous aurions en France !

 

Beaucoup de cas de disparitions, stérilisations forcées, tortures et viols sont aussi rapportés.

 

La visite de Michelle Bachelet

Après 3 ans d’organisation, l’ONU a enfin pu visiter le Xinjiang pendant 5 jours.

Première visite depuis 2005…

Pas du tout suspect de refuser les visites pendant 17 ans.

 

La Chine, dans son extrême précaution, avait tout organisé pour que les visiteurs ne puissent pas, par mégarde, parler à quelqu’un qui ne serait pas prêt et pourrait avoir le COVID.

Le résultat ?

Pékin est (très) content et utilise la visite de l’ONU comme une preuve de son progrès.

 

Xi avait déclaré au début de la visite que les droits de l’homme sont spécifiques à chaque pays, qu’il ne faut pas politiser les droits de l’homme…

Poutine, MBS et Bachar ont mis des gros “👍”.

 

Les ONG dénoncent une utilisation de l’ONU et la mise en scène de la “visite”.
Michelle Bachelet a rappelé qu’il s’agissait d’une visite et non d’une enquête. Elle s’est quand même félicitée d’avoir pu parler “avec franchise” et avoir mis en garde contre les mesures arbitraires.

Xi en cauchemarde encore…

 

Il faut noter que la visite est liée à un rapport de l’ONU sur la situation. Le rapport est attendu assez sévère.

 

Les entreprises

La présence

Selon le NYT, la moitié des 150 plus grandes entreprises européennes bénéficient du travail forcé au Xinjiang.

 

Beaucoup d’entreprises sont présentes, ou se fournissent dans la région, à l’image de Coca-Cola, Adidas, Ikea, H&M, Nike, Kraft Heinz, Zara, Volkswagen…

 

La vérité est que si vous allez assez loin dans la supply chain, presque toutes multinationales qui travaillent avec la Chine ont un lien avec le Xinjiang.

 

Siemens par exemple, travail avec China Electronics Technology Group Corporation, une entreprise chinoise épinglée pour fournir du matériel et des technologies de surveillance dans le Xinjiang.

 

L’ambition

Beaucoup dans le prêt-à-porter se sont d’abord sentis pousser des ailes.

Nike, H&M, Lacoste, Adidas, Uniqlo, parmi d’autres, ont exprimé des “inquiétudes”.

 

La réponse chinoise a été… rapide et sévère, beaucoup de marques, notamment H&M, Nike, Burberry et Uniqlo subissant des boycotts.

 

D’abord les égéries ont mis fin aux contrats, puis les marques étaient floutées à la télévision, les pubs retirées, et des vidéos de vêtements brulés sur les réseaux. Les sites de vente en ligne retiraient les marques, plus de magasin sur les cartes: ni sur l’équivalent de Maps ou d’Uber.

 

Bref, les ventes ont chuté et les marques ont présenté leurs excuses au gouvernement chinois.

Les entreprises ont des convictions, tant qu’elles ne coutent pas trop chères.

 

Les gouvernements

Nous tenons à finir avec les gouvernements, dont les réactions ont été très différentes.
Les USA et le UK ont été les plus virulents, imposant des restrictions aux entreprises, retirant des visas, accusant la Chine de génocide et boycottant les JO.

L’Europe a été moins vocale, notamment à cause d’un accord commercial qui aurait dû être signé en 2021 (le CAI). La signature a été suspendue car la Chine a imposé des sanctions sur des députés européens… qui avaient parlé du Xinjiang. C’est ballot quand même.

Le projet ne contenait aucune réserve sur le travail forcé.

 

Enfin, “les autres pays” ont envoyé des messages de soutien ou de félicitation à la Chine pour sa lutte efficace contre le terrorisme…