La frontière Pologne / Biélorussie

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Sur Twitter, le #Pologne était en top France récemment, est-ce à cause d’une scène où Etchebest hurlerait sur un restaurateur polonais ?
Malheureusement non, mais gardons espoir.
Loukachenko
Il s’agit de la suite d’un conflit qui a commencé quand Loukachenko a cadenassé les élections bioélorusses puis commencé une forte répression, allant jusqu’à détourner un avion pour arrêter un journaliste biélorusse.
L’Europe a répondu avec des sanctions économiques, visant la potasse (la Biélorussie est la 2e exportatrice mondial).
Puis la semaine dernière, #Pologne fait le buzz : l’Europe était sous la menace imminente d’une invasion de migrants. Des hordes de migrants syriens et afghans s’étaient organisées pour attaquer la frontière polonaise, les images sont choquantes, l’extrême droite s’empare du sujet et impose son agenda.
Encore Loukachenko
La vraie question est comment ces personnes sont arrivées en Biélorussie ?
Une décision de la Turquie, sous la pression de l’Europe, donne des indices: la Turquie a annoncé ne plus laisser les syriens, irakiens et yémenites embarquer vers la Biélorussie.
Selon RTBF, jusqu’à mars l’aéroport de Minsk prévoit 40 vols hebdomadaires avec Istanbul, Dubaï et Damas (Syrie), pouvant faire venir jusqu’à 1 000 personnes pas jour.
L’Europe et les Etats-Unis accusent en effet la Biélorussie d’affréter des charters et délivrer des visas pour faire venir les personnes puis les “accompagner” vers la frontière polonaise.
La Pologne avait d’ailleurs déclaré au début de l’incident avoir identifié plusieurs militaires biélorusses découper les grillages et barbelés et tirer en l’air face aux migrants.
Aujourd’hui les personnes bloquées entre les deux frontières sont dans une situation très difficile car ne pouvant pas retourner en Biélorussie ni entrer en Europe.
Que répond la Biélorussie à ces accusations ? Ils sont trop pauvres, à cause des sanctions européennes, et ne peuvent garantir l’intégrité de leurs frontières. . . Mais ont quand même trouvé le budget pour organiser des exercices militaires avec la Russie à 60km de la Pologne la semaine dernière.
Pourquoi ?
Une raison serait de mettre l’Europe en difficulté. Les sujets de l’immigration sont toujours très clivants et polarisants entre les pays européens mais à l’intérieur de chaque pays également.
Avoir une Europe affaiblie fait les affaires de la Biélorussie et de la Russie qui n’auront plus autant à se soucier des réprimandes sur leurs peuples, souvenons-nous de Navalny.
Si Poutine rencontre Le Pen ce n’est pas pour soutenir une Europe unie…
Poutine a d’ailleurs déjà pris parti en déclarant qu’il était important de rétablir le dialogue entre Loukachenko et l’Europe, poussant l’Europe à rencontrer Loukachenko et ce serait une reconnaissance non-officielle de l’élection, une légitimation de son pouvoir.
La suite ?
Nous pouvons espérer que la situation va désescalader rapidement, les déclarations des USA, mettant en garde la Russie qui amasse des troupes à la frontière ukrainiennes, témoignent plutôt de l’inverse.
Si l’attitude de la Biélorussie est intolérable, il est néanmoins important de noter que la réponse de la Pologne est en contradiction avec les règles internationales sur le droit d’asile, aucune demande d’asile n’étant examiner.
Par ailleurs la zone où sont les migrants est interdite d’accès pour les journalistes étant déclaré en état d’urgence.
Sans surprise, au milieu de conflit d’état, ce sont les civils qui souffrent.
Aujourd’hui entre 3 000 et 4 000 personnes sont entre les deux frontières et l’ONU a envoyé des aides (tentes, couvertures, vêtements, couches).
Une personne a été retrouvée morte samedi portant le nombre de victimes à 11.
Pour conclure, gardez toujours un esprit critique face à l’information, nous essayons de rester neutres et nous accueillons tous vos commentaires et serions heureux de rectifier nos erreurs.
Peut-être pas heureux non plus…
Fun Fact : il est interdit de filmer ou photographier Loukachenko selon certains angles qui pourraient éventuellement révéler sa calvitie.
PS : nous parlons de la frontière polonaise, néanmoins la Lituanie et la Lettonie font également face à la même situation.