Conséquences économiques du conflit Ukrainien

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Les sanctions ont le plus de pouvoir dans la menace, maintenant qu’il est trop tard et que la guerre est là, l’objectif est de faire payer le prix le plus élevé à l’agresseur. Dans une économie mondialisée, la douleur se répand vite. Les conséquences économiques du conflit Ukrainien vont bien au-delà de l’Ukraine et la Russie.

 

Les conséquences sur les matières premières

 

Commençons par le nickel qui a été très volatil en bourse ces derniers temps .

Le nickel est utilisé principalement dans l’inox et… les batteries. La Russie était 3eme productrice mondiale et premier exportateur de nickel raffiné.

Sur la bourse à Londres, face à un short squeeze, le nickel a vu son prix exploser de 250%, montant jusqu’à $100 000 la tonne le 8 mars, alors qu’il s’achetait à $10 000 l’année passée.

La journée était si mouvementée que les échanges ont été interrompus pendant une semaine entière. C’était tellement n’importe quoi qu’ils ont annulé les transactions du mardi 8 mars… Nous ne savions même pas que c’était possible.
Si le nickel est un exemple extrême, d’autres matières premières ont vu leur cours s’envoler aussi: l’aluminium, le cuivre, le palladium entre autres.

 

Il y a aussi la production de néon qui est à risque, l’Ukaine ayant 50% de la production mondiale. Le néon est un gaz utilisé dans la production de semi-conducteurs, cela va donc encore augmenter des contraintes. Les problèmes d’approvisionnement de semi-conducteur ont déjà fait perdre $200 milliards à l’économie l’an dernier.

Pour augmenter la pression, la Russie fait planer le doute sur la possibilité d’interdire l’exportation de matériaux vers les “pays hostiles”, ce qui mettrait l’industrie européenne en danger.

Sur l’agriculture

Si vous regardez un peu les vidéos sur Twitter, vous avez surement vu des équipements russes embourbés dans la raspoutitsa.

L’impact sur les rendements agricoles ne s’arrête pas aux tanks abandonnés dans les champs. Il s’agit aussi de problèmes de mains d’oeuvres, de logistique pour s’approvisionner en grains, engrais, essence pour les tracteurs…

Enfin, les ports ukrainiens ne sont clairement plus en mesure d’exporter les céréales.

Le 14 mars, Antonio Guterres, secrétaire de l’ONU, déclarait “la guerre en Ukraine pourrait entraîner un ouragan de famine”. La Russie et l’Ukraine représente 30% de la production mondiale de blé et 15% des exportations. Il représente également 80% de l’huile de tournesol et l’Ukraine est la quatrième productrice de maïs au monde.

 

L’ONU estime que 8 à 13 millions de personnes supplémentaires vont souffrir de sous-nutrition à cause du conflit.

L’Egypte par exemple, premier importateur de blé au monde, importe 60% de Russie et 40% d’Ukraine.

L’Algérie a déjà limité les exportations de produits à base de blé (pâte, semoule etc…).

 

Notons d’ailleurs que l’Europe se presse déjà pour aider les fermiers ukrainiens et leur faire parvenir le nécessaire pour la production de 2022.

 

Les conséquences sur … le reste

 

On parle principalement des problèmes de logistique qui impacteront toute l’économie. Surtout entre l’Europe et l’Asie avec les liaisons ferroviaire interrompue, le cargo aérien perdant des acteurs importants (compagnies russes et ukrainiennes) et souffrant de devoir contourner la Russie et l’Ukraine.

Sans oublier l’augmentation des prix du pétrole et la perte des capitaines et marins russes et Ukrainiens, les deux pays fournissant 14.5% des équipages mondiaux.

 

La croissance Française devrait être aussi impactée, avec une inflation à 4.5%, dont la moitié attribuée au prix de l’énergie. Pour l’instant la guerre à fait perdre 1% de croissance à la France.

Sur l’économie mondiale, on anticipe une perte de $800 milliards. Mais avec les tensions augmentant et les sanctions s’additionnant, la note pourrait encore augmenter.

 

Par ailleurs, plus le conflit dure, plus les conséquences économiques du conflit Ukrainien vont se répandrent sur les différentes parties de l’économie mondiale.
Un exemple que nous pouvons donner pour illustrer : l’augmentation du prix des sapins de noël en 2017.
La pénurie de sapins était liée à la crise financière de 2008. Les producteurs de sapins avaient été également touchés par la crise et n’ont pas planté autant de sapins. Les sapins nécessitant entre 7 ans et 10 ans pour pousser, les conséquences n’ont été remarquées qu’à partir de 2017…